P. Michel SOUCHON (09.04.2020)
Cette activité professionnelle n’écarte pas Michel de la vie paroissiale, qu’il aime et exerce comme un vrai service spirituel. Chaque vendredi soir, il part vivre jusqu’au dimanche midi un ministère de « prêtre modérateur » dans des paroisses du diocèse de Versailles (Voisins-le-Bretonneux, Saint-Quentin en Yvelines, Plaisir). Il y développe les relations œcuméniques. Repéré pour la qualité de ses homélies (qu’il émaille volontiers de sentences de la sagesse hassidique), il est parfois demandé pour la messe radiodiffusée sur France Culture. Il aime transmettre son expérience en ce domaine aux jeunes jésuites, dont plusieurs gardent en mémoire son principal conseil : « Arrêtez- vous avant la fin ! ».
À l’âge de la retraite, Michel est appelé à servir les revues de la Compagnie : Études d’abord, puis, de 1995 à 2010, Croire aujourd’hui, où ses réponses aux questions des lecteurs sont appréciées ; il y publie aussi des commentaires du Credo et du Notre Père.
En 1994, ayant implanté à Bondy la première communauté jésuite dans le diocèse de Saint-Denis, il devient « prêtre modérateur » à Villemomble, puis « délégué diocésain pour les nouvelles croyances et dérives sectaires ». La communauté ayant été transférée en 1999 à Saint-Denis, il y assure un ministère d’écoute dans les églises, en particulier de personnes se disant tourmentées par des esprits mauvais.
Homme d’une grande culture, Michel aime l’Italie, où il passe presque toutes ses vacances. Musique, littérature et, surtout, cinéma : rien ne lui était étranger. Chaque dimanche, en quittant sa paroisse, il va au cinéma. À Saint-Denis, sa parfaite maîtrise de la langue l’a fait apprécier comme bénévole au Cised. La vie communautaire a été importante pour Michel. Attachant un grand prix à la vie ordinaire et à la qualité de l’échange fraternel, il choisit de ne vivre, de 1975 à 2014, que dans de « petites communautés » : Paris-Épinettes, Vanves-Lycée, Bondy, Saint-Denis.
Ses compagnons se souviennent d’un frère plein d’humour (« Ne racontez pas vos rêves : les freudiens prendraient le pouvoir »), de douceur, de profond respect des personnes. Un homme humble, qui aimait les humbles.
Christian MELLON sj
Article publié le 9 septembre 2020